Pourquoi les cétacés ont une épaisse couche de graisse ?

La couche de graisse des cétacés, appelée lard, peut atteindre plusieurs dizaines de centimètres chez certaines espèces. Bien plus qu’un simple isolant thermique, elle joue un rôle dans la flottabilité, le stockage d’énergie et la communication acoustique. Décryptage d’une adaptation remarquable à la vie marine.

L’info des cétacés

Cette vidéo fait partie de la série de podcasts vidéo d’Ocean Berria sur les cétacés.

📝 Transcription

Si vous avez déjà touché un cétacé de près, vous avez peut-être remarqué cette couche épaisse sous la peau qui ressemble à du saindoux. C’est le lard, et c’est bien plus qu’une simple réserve de graisse.

Le lard est une couche de tissu adipeux sous-cutané spécialisé, présente chez tous les cétacés. Son épaisseur varie de 2 cm chez le dauphin commun à 30-50 cm chez les baleines boréales. Chez une baleine franche adulte, le lard peut représenter jusqu’à 40% du poids total de l’animal.

Sa première fonction évidente est l’isolation thermique. L’eau conduit la chaleur 25 fois plus vite que l’air, et les océans polaires peuvent descendre sous 0°C. Le lard forme une barrière quasi imperméable qui maintient la chaleur à l’intérieur.

Mais le lard joue bien d’autres rôles. C’est une réserve énergétique considérable : lors des longues migrations pendant lesquelles les cétacés ne s’alimentent pas, le lard est métabolisé pour fournir l’énergie nécessaire. Une baleine à bosse peut perdre jusqu’à 25% de son poids corporel pendant la saison de reproduction.

Le lard contribue aussi à la flottabilité : la graisse est moins dense que l’eau de mer. Une propriété moins connue concerne la transmission acoustique : la graisse des cétacés facilite la réception des sons reçus via la mâchoire inférieure.

Le lard concentre malheureusement aussi les polluants organiques persistants (PCB, DDT) qui s’accumulent dans les chaînes alimentaires marines. Les orques peuvent accumuler des niveaux de contamination parmi les plus élevés mesurés chez les mammifères sauvages.