Golfe de Gascogne · 22 espèces
Les plongeurs de l’abysse
Sous la surface tranquille du golfe de Gascogne se jouent des exploits physiologiques vertigineux. Cétacés et grandes baleines descendent jusqu’à 3 000 mètres dans l’obscurité totale.
3,0 km
Record de profondeur
222 min
Plongée la plus longue
16
Espèces recensées
— Biologie & physiologie
Des adaptations physiologiques extraordinaires
Les cétacés sont des mammifères — ils respirent de l’air comme nous. Pourtant, certains descendent régulièrement à des profondeurs où la pression est 300 fois supérieure à celle de la surface, dans un noir absolu et à des températures proches de 0 °C.
Pour y parvenir, leur organisme a développé des solutions évolutives remarquables : une rate surdimensionnée faisant office de réservoir d’hémoglobine, une myoglobine musculaire très concentrée, des poumons capables de se comprimer complètement pour éviter l’azote, et une circulation sanguine capable de détourner le flux vers le cœur et le cerveau.
Le ziphius (Ziphius cavirostris) détient le record mondial avec une plongée documentée à 2 992 mètres et une durée de 3 h 42 min.
La bradycardie de plongée réduit la fréquence cardiaque à moins de 4 battements par minute, limitant la consommation d’oxygène au strict minimum vital pendant toute la durée de l’apnée.
— Visualisation interactive
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— Le golfe de Gascogne
Un sanctuaire sous surveillance
Le golfe de Gascogne est l’une des mers les plus riches d’Europe en biodiversité cétacée. Sa topographie unique — un plateau continental étroit qui plonge vers des fosses de plus de 4 000 m — en fait un habitat idéal pour des espèces très différentes.
Les données correspondent aux records absolus documentés dans la littérature scientifique.
Depuis les années 1990, les populations font l’objet d’un suivi étroit par l’Observatoire PELAGIS (La Rochelle Université / CNRS), en raison des captures accidentelles dans les engins de pêche.
Les cétacés jouent un rôle crucial dans les écosystèmes marins : leurs déjections enrichissent les eaux de surface, favorisant la captation de CO₂.
Sources : PELAGIS, IUCN Red List, Tyack et al. (2006), Watwood et al. (2006).
