Le narval a-t-il une corne ou une dent ?

La longue défense spiralée du narval fascine depuis des siècles. Longtemps prise pour la corne d’une licorne, elle est en réalité une dent — la canine gauche supérieure pouvant atteindre 3 mètres. Mais à quoi sert-elle vraiment ? Outil de chasse, signal sexuel, organe sensoriel ? Le mystère reste entier.

L’info des cétacés

Cette vidéo fait partie de la série de podcasts vidéo d’Ocean Berria sur les cétacés.

📝 Transcription

Il a alimenté l’une des plus grandes légendes médiévales : la licorne. Sa longue défense spiralée a été vendue comme « corne de licorne » dans les pharmacies européennes jusqu’au XVIIIe siècle. Aujourd’hui encore, le narval et sa défense restent l’un des objets d’étude les plus intrigants de la biologie marine.

Le narval (Monodon monoceros — littéralement « une dent, une corne ») est un cétacé de la famille des Monodontidés, vivant exclusivement dans les eaux arctiques. Sa défense caractéristique n’est pas une corne — c’est la canine gauche supérieure qui, chez 70% des mâles, perce la lèvre supérieure et continue de pousser en spirale vers l’avant, pouvant atteindre 3 mètres de longueur.

Mais quelle est sa fonction ? En 2017, des images de drones ont capturé des narvals utilisant leur défense pour étourdir des morues arctiques d’un coup rapide avant de les dévorer — la première observation directe d’utilisation de la défense comme outil de chasse.

Des recherches ont aussi montré que la défense est traversée de milliers de tubules nerveux — une structure compatible avec une fonction sensorielle. La défense serait capable de détecter des variations de pression, de salinité et de température dans l’eau environnante.

Ces deux fonctions — chasse et sens — ne s’excluent pas. La défense du narval reste l’un des organes les plus mystérieux et les plus multifonctionnels du règne animal.