Comment le réchauffement des océans affecte-t-il les cétacés ?

Le réchauffement climatique modifie profondément les écosystèmes marins. Pour les cétacés, les conséquences sont multiples : déplacement des proies, modification des routes migratoires, acidification des océans, disparition de la banquise… Comment ces animaux s’adaptent-ils à ces bouleversements rapides ?

L’info des cétacés

Cette vidéo fait partie de la série de podcasts vidéo d’Ocean Berria sur les cétacés.

📝 Transcription

Le réchauffement climatique n’est plus une menace abstraite pour les cétacés — ses effets sont déjà mesurables dans les comportements et la démographie de nombreuses espèces.

Le premier impact majeur est le déplacement des proies. Le krill, le hareng, le capelan et d’autres espèces dont dépendent les grands cétacés suivent des eaux de température spécifique. Avec le réchauffement, ces proies migrent vers les pôles. Les baleines doivent allonger leurs routes migratoires, parcourir des distances plus grandes pour trouver leur nourriture. Des études montrent que certaines populations de baleines à bosse arrivent en moins bonne condition corporelle dans leurs zones d’alimentation.

La modification des routes migratoires crée des problèmes supplémentaires. Certaines baleines se retrouvent dans des zones où les risques de collision avec des navires ou d’enchevêtrement dans des filets sont plus élevés. Des baleines grises ont été observées pour la première fois depuis des siècles en Méditerranée — probablement des individus ayant emprunté de nouvelles routes à travers un Arctique de plus en plus libre de glace.

La fonte des glaces polaires affecte directement les espèces arctiques. Le narval et le béluga, intimement liés à la banquise, voient leur habitat se réduire. Des orques colonisent de nouvelles zones arctiques auparavant protégées par la glace, s’attaquant à des proies qui n’ont pas évolué en leur présence.

L’acidification des océans, conséquence de l’absorption du CO₂ atmosphérique excédentaire, affecte la chaîne alimentaire marine en dégradant les organismes calcifiants dont dépend toute l’architecture trophique marine.