Les sons des cétacés peuvent-ils être entendus à des centaines de kilomètres ?

Les grands cétacés à fanons produisent des sons de très basses fréquences qui se propagent sur des milliers de kilomètres dans l’océan. Ce phénomène acoustique fascinant leur permet de communiquer à très longue distance, y compris entre individus séparés par des bassins océaniques entiers. Décryptage d’un superbe outil de communication.

L’info des cétacés

Cette vidéo fait partie de la série de podcasts vidéo d’Ocean Berria sur les cétacés du golfe de Gascogne.

📝 Transcription

Si je vous dis qu’un animal peut communiquer avec un de ses semblables à plus de 3000 kilomètres de distance, vous penseriez à la technologie satellitaire. Et pourtant, les baleines bleues le font naturellement.

La baleine bleue est l’animal le plus bruyant de la planète. Elle émet des infra-sons entre 10 et 40 Hz, à des intensités dépassant 188 décibels à la source. Ces sons se propagent dans les canaux acoustiques des eaux profondes sur des distances de 3000 à 5000 kilomètres.

Le rorqual commun n’est pas en reste : ses vocalisations à très basse fréquence, d’une puissance de 180 décibels, constituaient pendant des décennies des signaux mystérieux captés par les sonars militaires sans qu’on en comprenne l’origine.

Ces sons servent à plusieurs fonctions : communication à longue distance entre individus isolés, attraction sexuelle pour les baleines à bosse qui chantent des séquences complexes, et peut-être navigation grâce aux sons reflétés par les reliefs sous-marins.

La pollution sonore sous-marine constitue une menace grandissante. Le trafic maritime mondial a augmenté de 300% depuis les années 1950, superposant ses bruits exactement aux fréquences de communication des grands cétacés.

Durant la pandémie de COVID-19, la réduction du trafic maritime en 2020 a permis de mesurer des changements mesurables dans le comportement vocal des cétacés — une preuve concrète de l’impact humain sur ces communications extraordinaires.