
C’est quoi la Bradycardie pour les cétacés ?
La bradycardie de plongée est un réflexe physiologique qui permet aux cétacés de réduire leur rythme cardiaque jusqu’à 80% lors de leurs plongées profondes. Cette adaptation extraordinaire leur permet d’économiser l’oxygène et de rester en apnée pendant de longues périodes. Décryptage de ce mécanisme fascinant.
L’info des cétacés
Cette vidéo fait partie de la série de podcasts vidéo d’Ocean Berria sur les cétacés.
📝 Transcription
Plongez à 2000 mètres de profondeur, et vous devrez supporter une pression de 200 atmosphères, un froid intense, sans respirer. Comment les cétacés y arrivent-ils ? La réponse implique notamment un mécanisme physiologique remarquable : la bradycardie de plongée.
La bradycardie de plongée est un réflexe physiologique automatique déclenché lors de l’immersion. Il consiste en une réduction marquée et rapide de la fréquence cardiaque. Chez un dauphin à l’air libre, le cœur bat à environ 100-130 pulsations par minute. Dès le début d’une plongée, ce rythme peut chuter à 10-30 pulsations par minute — une réduction de 70 à 90%.
En ralentissant la pompe cardiaque, l’organisme réduit la consommation d’oxygène par le cœur lui-même et réduit la délivrance de sang oxygéné à tous les organes non essentiels pendant la plongée. Le flux sanguin est prioritairement maintenu vers le cerveau, le cœur et les organes sensoriels.
Le cachalot, plongeur hors pair pouvant descendre à 3000 mètres et rester en apnée jusqu’à 2 heures, pousse ces mécanismes à l’extrême. Des capteurs fixés sur des cachalots ont enregistré des fréquences cardiaques de 4 à 5 battements par minute en plongée profonde.
La bradycardie de plongée n’est pas exclusive aux cétacés. On la retrouve chez tous les mammifères plongeurs, et même chez les humains — c’est le « réflexe d’immersion » qui fait que votre cœur ralentit légèrement quand vous plongez la tête dans l’eau froide.
