Auteur/autrice : bqyvv

  • La baleine à bec de Cuvier : reine discrète des abysses du golfe de Gascogne

    La baleine à bec de Cuvier : reine discrète des abysses du golfe de Gascogne

    La baleine à bec de Cuvier : reine discrète des abysses du golfe de Gascogne

    Baleine à bec de Cuvier (Ziphius cavirostris) dans le golfe de Gascogne — Ocean Berria

    Sous le canyon sous-marin du gouf de Capbreton, à des centaines de mètres sous la surface, vit l’un des mammifères marins les plus extraordinaires de la planète. La baleine à bec de Cuvier (Ziphius cavirostris) détient le record absolu de la plongée en apnée chez les mammifères et passe l’essentiel de sa vie hors de portée du regard humain. C’est aussi l’une des espèces les plus menacées par certaines activités maritimes — et l’une des plus difficiles à protéger, précisément parce qu’elle est si discrète.

    Une championne mondiale de l’apnée

    Aucun autre mammifère ne plonge aussi profond ni aussi longtemps. Les biologistes ont enregistré chez cette espèce des plongées dépassant les 2 990 mètres de profondeur et des apnées de plus de 3 heures et 40 minutes — des performances longtemps jugées impossibles pour un animal à respiration aérienne. À ces profondeurs, la pression écraserait n’importe quel sous-marin de poche, et la lumière du soleil ne parvient plus depuis longtemps. C’est dans cet univers d’encre que Ziphius cavirostris chasse ses proies favorites : les calmars et autres céphalopodes des grandes profondeurs.

    2 990 m

    profondeur de plongée maximale enregistrée

    3 h 42

    durée d’apnée maximale documentée

    2 min

    temps moyen visible en surface entre deux plongées

    Pourquoi le gouf de Capbreton est un sanctuaire

    Au large d’Hendaye et de Capbreton, le plateau continental s’effondre brutalement pour former l’un des canyons sous-marins les plus impressionnants d’Europe : le gouf de Capbreton. Ses parois plongent à plus de 3 000 mètres à seulement quelques kilomètres de la côte. Cette configuration géographique exceptionnelle crée un habitat idéal pour les baleines à bec de Cuvier, qui peuvent y trouver leur garde-manger de céphalopodes profonds sans avoir à s’éloigner du littoral basque.

    C’est aussi pour cela que les eaux du golfe de Gascogne figurent parmi les zones d’observation les plus régulières de l’espèce en Europe occidentale, aux côtés de la Méditerranée nord-occidentale et des îles Canaries.

    Un animal extrêmement vulnérable

    🔊 Sonars militaires

    Aucune autre espèce n’est aussi sensible aux sonars actifs à moyenne fréquence. Plusieurs échouages massifs documentés en Méditerranée et aux Bahamas ont été directement corrélés à des exercices navals.

    🚢 Collisions

    Lors de leurs courts passages en surface, ces baleines deviennent quasiment invisibles aux navires. Le golfe de Gascogne, traversé par un trafic maritime intense, multiplie les zones de risque.

    🗑️ Plastiques en profondeur

    Les estomacs d’animaux échoués révèlent régulièrement la présence de sacs et débris plastiques, confondus avec des céphalopodes lors des plongées profondes.

    Comment Ocean Berria contribue à mieux la connaître

    Étudier une espèce qui passe 90 % de son temps en profondeur exige des méthodes spécifiques. Lors de nos sorties au large du gouf de Capbreton, nous combinons observation visuelle de surface — même brève — et écoute passive par hydrophones, capable de détecter les clics d’écholocation caractéristiques de l’espèce. Chaque émersion observée, chaque enregistrement acoustique vient enrichir un savoir encore très lacunaire sur la fréquentation réelle du golfe.

    « Voir une baleine à bec de Cuvier remonter respirer à quelques mètres du bateau, c’est l’un des privilèges les plus rares qu’offre le golfe de Gascogne. Chaque observation est un événement scientifique. »

    Vous l’avez observée ? Signalez-la !

    Si vous croisez en mer un cétacé au museau court et fuselé, à la coloration brun-gris, présentant souvent des cicatrices blanchâtres en stries (chez les mâles adultes), il pourrait bien s’agir d’une baleine à bec de Cuvier. Ces observations sont précieuses : transmettez vos photos, votre position GPS et l’heure d’observation à Ocean Berria via notre programme de sciences participatives.

  • Le dauphin commun : vedette menacée du golfe de Gascogne

    Le dauphin commun : vedette menacée du golfe de Gascogne

    Le dauphin commun : vedette menacée du golfe de Gascogne

    Avec ses flancs dorés et son museau caractéristique, le dauphin commun (Delphinus delphis) est l’espèce la plus abondante du golfe de Gascogne. Des milliers d’individus y vivent en permanence, formant des groupes pouvant dépasser les 500 individus lors des grandes chasses. Pourtant, depuis plusieurs années, des centaines de dauphins s’échouent chaque hiver sur les côtes atlantiques françaises — victimes des filets de pêche. Un drame silencieux qu’Ocean Berria s’engage à documenter et à combattre.

    Portrait d’une espèce emblématique

    Le dauphin commun est un animal sociable et opportuniste, capable de plonger à plus de 200 mètres pour capturer des poissons et des céphalopodes. Sa longévité peut atteindre 35 ans. Les femelles donnent naissance à un seul petit tous les 2 à 3 ans après une gestation de 11 mois — ce qui rend la reconstitution des populations particulièrement lente en cas de mortalité accrue.

    Le golfe de Gascogne constitue un habitat d’alimentation majeur pour cette espèce, notamment en hiver lorsque les bancs de poissons pélagiques remontent vers les eaux côtières. C’est précisément à cette période que les croisements avec les engins de pêche sont les plus fréquents et les plus mortels.

    Des chiffres alarmants

    +1000

    dauphins échoués sur les côtes françaises en 2023-2024

    80%

    portent des traces de capture accidentelle par des engins de pêche

    10 ans

    pour reconstituer la population si la mortalité est stoppée

    Le rôle de la photographie d’identification

    Chaque dauphin commun possède une nageoire dorsale unique — sa forme, ses entailles, ses cicatrices constituent une véritable carte d’identité. En photographiant systématiquement ces nageoires lors de nos sorties en mer, Ocean Berria contribue à la constitution d’un catalogue d’identification permettant de suivre les individus au fil des années, de mesurer les taux de survie et de détecter les tendances de population.

    Vous aussi pouvez contribuer ! Si vous observez des dauphins communs en mer, photographiez leurs nageoires dorsales et transmettez vos images à Ocean Berria. Chaque photo compte dans notre base de données collective.

  • Pollution sonore en mer : une menace silencieuse pour les cétacés

    Pollution sonore en mer : une menace silencieuse pour les cétacés

    Pollution sonore en mer : une menace silencieuse pour les cétacés

    Invisible, inodore, sans trace visible à la surface — la pollution sonore est pourtant l’une des menaces les plus graves pesant sur les cétacés du golfe de Gascogne. Alors que le trafic maritime mondial a triplé en cinquante ans, les océans sont devenus des environnements de plus en plus bruyants, avec des conséquences dramatiques pour des animaux dont la survie dépend entièrement de leur capacité à communiquer par le son.

    Un monde qui communique par le son

    Les cétacés ont développé au fil de millions d’années un système de communication acoustique d’une sophistication remarquable. Les dauphins utilisent des clics ultrasoniques pour l’écholocation — leur « vision sonore » — leur permettant de détecter des proies à des centaines de mètres de distance et de naviguer avec précision. Les grandes baleines, quant à elles, émettent des chants graves portant sur des milliers de kilomètres pour se reproduire et maintenir le lien social au sein de leurs populations dispersées.

    Lorsque le bruit ambiant de l’océan augmente, ces signaux vitaux sont masqués. C’est ce que les scientifiques appellent le « masquage acoustique » : l’animal ne peut tout simplement plus entendre ce dont il a besoin pour survivre.

    Les principales sources de bruit

    🚢 Trafic maritime

    Les hélices et moteurs des navires commerciaux produisent un bruit continu de basses fréquences. Le golfe de Gascogne est traversé par l’une des routes maritimes les plus fréquentées d’Europe.

    💥 Travaux offshore

    Le développement des éoliennes en mer génère des impulsions sonores extrêmement intenses lors du battage des pieux. Ces détonations peuvent provoquer des traumatismes auditifs sur des dizaines de kilomètres.

    🔊 Sonars militaires

    Les sonars à moyenne fréquence des marines militaires sont directement impliqués dans plusieurs échouages massifs de baleines à bec en Europe, des animaux particulièrement sensibles à ces émissions.

    Ce qu’Ocean Berria fait concrètement

    Ocean Berria déploie des hydrophones — microphones sous-marins — dans plusieurs zones stratégiques du golfe pour mesurer en continu les niveaux sonores. Ces données permettent de cartographier les zones les plus bruyantes, d’identifier les pics d’exposition et de documenter les corrélations avec les comportements des cétacés observés.

    Parallèlement, nous participons activement aux consultations publiques sur les projets de développement en mer, en plaidant pour l’adoption de mesures d’atténuation sonore : réduction des vitesses navales dans les zones sensibles, calendriers de travaux adaptés aux périodes migratoires, et mise en place de zones de quiétude acoustique.

  • Sciences participatives : devenez observateur des cétacés !

    Sciences participatives : devenez observateur des cétacés !

    Sciences participatives : devenez observateur des cétacés !

    Vous n’avez pas besoin d’être scientifique pour contribuer à la recherche sur les cétacés. Les sciences participatives — ou science citoyenne — permettent à chacun de collecter des données précieuses lors de ses sorties en mer. Ocean Berria lance son programme d’observateurs citoyens pour l’été 2025.

    Pourquoi vos observations comptent

    Les chercheurs ne peuvent pas être partout à la fois. Chaque sortie en mer de pêcheurs, plaisanciers, kayakistes ou navigateurs représente une opportunité unique d’observation. Signaler la présence d’un groupe de dauphins, noter leur comportement, photographier leur nageoire dorsale (unique comme une empreinte digitale) : ces données s’accumulent pour former une image précieuse des déplacements et de la santé des populations.

    🔭 Comment participer au programme ?

    • Téléchargez l’application ObsMer sur votre smartphone
    • Notez la date, l’heure et la position GPS de vos observations
    • Décrivez l’espèce si possible (taille, comportement, nombre d’individus)
    • Photographiez les nageoires dorsales quand c’est possible
    • Transmettez vos données via l’application ou par email à Ocean Berria

    Les espèces à surveiller en priorité

    Pour l’été 2025, notre programme se concentre sur quatre espèces particulièrement importantes pour notre zone d’étude : le dauphin commun, le grand dauphin, le marsouin commun et le dauphin de Risso. Ces espèces sont présentes à différentes saisons et dans différentes zones du golfe, offrant une couverture géographique maximale.

    Rejoignez le réseau

    Que vous soyez pêcheur professionnel, plaisancier du week-end ou simple promeneur sur le rivage, vos yeux sont précieux. Ocean Berria organisera des sessions de formation gratuites à Hendaye et Saint-Jean-de-Luz pour vous apprendre à identifier les espèces et à renseigner les fiches d’observation correctement.

  • Le golfe de Gascogne : un trésor marin à protéger d’urgence

    Le golfe de Gascogne : un trésor marin à protéger d’urgence

    Le golfe de Gascogne : un trésor marin à protéger d’urgence

    Avec plus de 400 espèces de poissons et une vingtaine d’espèces de cétacés recensées, le golfe de Gascogne est l’un des écosystèmes marins les plus riches d’Europe de l’Ouest. Mais cette richesse est aujourd’hui sérieusement menacée. Voici ce que nous savons — et ce qui nous mobilise.

    Un carrefour marin exceptionnel

    Le golfe de Gascogne, formé par les côtes françaises et espagnoles, bénéficie d’une configuration géographique unique. Le plateau continental étroit au large du Pays Basque crée des remontées d’eaux profondes riches en nutriments, attirant une chaîne alimentaire extraordinaire : du plancton aux grands cétacés.

    ~20

    espèces de cétacés observées régulièrement

    +400

    espèces de poissons répertoriées

    ⚠️

    plusieurs espèces en danger critique

    Les cétacés emblématiques du golfe

    Le dauphin commun (Delphinus delphis) est la vedette du golfe. Des milliers d’individus y vivent en permanence, formant des groupes pouvant dépasser les 1 000 individus lors des grandes chasses. Malheureusement, plusieurs centaines s’échouent chaque année sur les côtes françaises, victimes des filets de pêche.

    Le grand dauphin (Tursiops truncatus) est plus côtier. On le retrouve régulièrement dans les estuaires et les zones portuaires. Certains individus sont connus des chercheurs depuis des décennies, permettant des études comportementales approfondies.

    Le cachalot (Physeter macrocephalus) visite le golfe en été, dans les zones de grande profondeur au large. Ces plongeurs extraordinaires, capables de descendre à plus de 3 000 mètres, sont particulièrement vulnérables aux collisions avec les navires.

    Pourquoi agir maintenant

    Les données les plus récentes font état d’un déclin inquiétant de certaines populations. Le changement climatique modifie la distribution des proies, forçant les cétacés à s’aventurer dans des zones à risque. La pollution sonore générée par le trafic maritime et les travaux offshore perturbe leur communication et leur capacité à se nourrir. C’est pourquoi chaque donnée collectée, chaque citoyen sensibilisé, chaque décideur convaincu compte.

  • Ocean Berria est née : retour sur notre assemblée fondatrice

    Ocean Berria est née : retour sur notre assemblée fondatrice

    Ocean Berria est née : retour sur notre assemblée fondatrice

    Le 9 février 2025 restera une date fondatrice pour tous les amoureux de l’océan du Pays Basque. C’est ce jour-là, dans la salle des associations d’Hendaye, qu’une vingtaine de personnes — chercheurs, bénévoles, citoyens engagés — ont officiellement créé Ocean Berria, les Explor’acteurs de l’Océan.

    Un projet né d’un constat alarmant

    Le golfe de Gascogne abrite une biodiversité marine exceptionnelle. Dauphins communs, grands dauphins, marsouins communs, orques, cachalots… ces espèces emblématiques font face à des menaces croissantes : filets de pêche, pollution sonore, changement climatique, trafic maritime intense. Pourtant, les données scientifiques sur leurs populations restent insuffisantes.

    C’est de ce constat qu’est née l’idée de créer une association dédiée, capable de coordonner la recherche, de sensibiliser le grand public et de plaider auprès des décideurs pour des politiques de protection ambitieuses.

    Une gouvernance démocratique dès le départ

    L’assemblée constitutive a adopté les statuts de l’association et élu son premier bureau. Nathalie TAPIE a été élue présidente, et Claudine NICOLAS secrétaire. La structure prévoit un Conseil d’Administration de 4 à 20 membres, renouvelables par tiers tous les 3 ans.

    « Ocean Berria signifie « Nouvel Océan » en basque. C’est un symbole fort : nous voulons construire un nouveau rapport entre les humains et la mer, fondé sur la connaissance et le respect. »

    — Nathalie TAPIE, Présidente fondatrice

    Et maintenant ?

    L’association entre désormais dans une phase active avec plusieurs chantiers en cours : constitution des équipes bénévoles, recherche de financements, prise de contact avec les acteurs scientifiques régionaux et préparation des premières expéditions d’observation prévues pour l’été 2025.

    Vous souhaitez nous rejoindre ? Découvrez comment participer à l’aventure Ocean Berria.