Pollution sonore en mer : une menace silencieuse pour les cétacés

Pollution sonore en mer une menace silencieuse pour les cétacés

Pollution sonore en mer : une menace silencieuse pour les cétacés

Invisible, inodore, sans trace visible à la surface — la pollution sonore est pourtant l’une des menaces les plus graves pesant sur les cétacés du golfe de Gascogne. Alors que le trafic maritime mondial a triplé en cinquante ans, les océans sont devenus des environnements de plus en plus bruyants, avec des conséquences dramatiques pour des animaux dont la survie dépend entièrement de leur capacité à communiquer par le son.

Un monde qui communique par le son

Les cétacés ont développé au fil de millions d’années un système de communication acoustique d’une sophistication remarquable. Les dauphins utilisent des clics ultrasoniques pour l’écholocation — leur « vision sonore » — leur permettant de détecter des proies à des centaines de mètres de distance et de naviguer avec précision. Les grandes baleines, quant à elles, émettent des chants graves portant sur des milliers de kilomètres pour se reproduire et maintenir le lien social au sein de leurs populations dispersées.

Lorsque le bruit ambiant de l’océan augmente, ces signaux vitaux sont masqués. C’est ce que les scientifiques appellent le « masquage acoustique » : l’animal ne peut tout simplement plus entendre ce dont il a besoin pour survivre.

Les principales sources de bruit

🚢 Trafic maritime

Les hélices et moteurs des navires commerciaux produisent un bruit continu de basses fréquences. Le golfe de Gascogne est traversé par l’une des routes maritimes les plus fréquentées d’Europe.

💥 Travaux offshore

Le développement des éoliennes en mer génère des impulsions sonores extrêmement intenses lors du battage des pieux. Ces détonations peuvent provoquer des traumatismes auditifs sur des dizaines de kilomètres.

🔊 Sonars militaires

Les sonars à moyenne fréquence des marines militaires sont directement impliqués dans plusieurs échouages massifs de baleines à bec en Europe, des animaux particulièrement sensibles à ces émissions.

Ce qu’Ocean Berria fait concrètement

Ocean Berria déploie des hydrophones — microphones sous-marins — dans plusieurs zones stratégiques du golfe pour mesurer en continu les niveaux sonores. Ces données permettent de cartographier les zones les plus bruyantes, d’identifier les pics d’exposition et de documenter les corrélations avec les comportements des cétacés observés.

Parallèlement, nous participons activement aux consultations publiques sur les projets de développement en mer, en plaidant pour l’adoption de mesures d’atténuation sonore : réduction des vitesses navales dans les zones sensibles, calendriers de travaux adaptés aux périodes migratoires, et mise en place de zones de quiétude acoustique.

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